Human beings who have experienced such a strong shock that they are no longer even afraid of death (as it often happens to genocide survivors) sometimes fall into what is known as a feeling or a “melancholy” of timelessness. They live somewhat “outside” time, a mode of extra-temporal existence, waiting for the day on which they will be freed from their suffering. It is the people — almost ghosts having survived the conflict in Nagorno-Karabakh between Armenians and Azerbaijani that has lasted for almost 20 years — that the filmmaker shows and listens to in his film. Behind them, behind their wandering bodies, behind their frenzies, is what remains of the collapse of the Soviet Union in Caucasus: ruins, uninhabited spaces, tombs, vestiges of war, trenches where soldiers watch for an invisible enemy. With an inspired composition of image and sound, Pierre-Yves Vandeweerd transforms the subject matter of history into poetry, there where condemnation for man on earth means living and not dying.

Les êtres humains qui ont expérimenté un choc tellement fort que même la mort ne leur fait plus peur tombent parfois (cela arrive souvent aux rescapés des génocides) dans ce que l’on appelle un sentiment ou une « mélancolie » d’éternité. Ils vivent dans une forme de « sortie » du temps, un mode d’existence extratemporel, dans l’attente du jour où ils seront libérés de leurs souffrances. Ce sont ces personnes, presque des fantômes ayant survécu au conflit du Haut-Karabagh entre Arméniens et Azéris qui dure depuis près de vingt ans, que le cinéaste montre et écoute dans son film. Derrière eux, derrière leurs corps errants, derrière leurs délires, ce qui reste de l’effondrement de l’Union Soviétique au Caucase : des ruines, des espaces inhabités, des tombes, des vestiges de guerre, des tranchées d’où des soldats guettent un ennemi invisible. Avec une composition d’images et de sons inspirée, Pierre-Yves Vandeweerd transforme la matière de l’Histoire en poésie, là où la condamnation de l’Homme sur terre est celle de vivre et non de mourir.
 

prod: Cobra Films                                            
75'

 
SCREENINGS
25/04 18:30 Salle Communale
26/04 12:00 Capitole Leone

 
A woman puts on her most beautiful dress. The iridescent reflections pierce the darkness, from which emerges archive footage showing the attack of the Burkinabe National Assembly by “bare-handed” demonstrators in October 2014. They were opposing the amendment of an article of the constitution demanded by Blaise Compraoré, who had been in power since the assassination of the ‘father’ of the Republic of Burkina Faso, Thomas Sankara, on 15 October 1987. Qui es-tu Octobre? retraces this story through a family living in a district of Ouagadougou. Julie Jaroszewski asked the protagonists to “re-live [their] realities through the device of acting and mise en scène.” In front of her camera, the re-enactment takes the form of a contemporary parable that Mika, a teenager, gradually incorporates like “a heritage that is preceded by no will” (René Char). The images of Sankara, his words, haunt the Burkinabe reality, filmed under the influence of a fragile hope, carried by the speech of he who was able to render their dignity to the “Upright Man”: “soon the stars will come back to visit the earth from which they distanced themselves during our dark times.”

Une femme se pare de sa plus belle robe. Les reflets moirés trouent l'obscurité, d'où surgit une archive montrant l'assaut de l'Assemblée nationale burkinabé par des manifestants « aux mains nues », en octobre 2014, afin de s'opposer à la modification d'un article de la constitution demandée par Blaise Compraoré, au pouvoir depuis l'assassinat du « père » de la république du Burkina Faso, Thomas Sankara, le 15 octobre 1987. Qui es-tu Octobre? retrace cette histoire, à travers une famille vivant dans un quartier de Ouagadougou. Julie Jaroszewski a demandé aux protagonistes de « revivre [leurs] réels par l'artifice du jeu et de la mise en scène ». Devant sa caméra, le ‘re-enactment’ prend la forme d'une parabole contemporaine que Mika, un adolescent, incorpore peu à peu comme « un héritage qui n'est précédé d'aucun testament » (René Char). Les images de Sankara, ses mots, hantent la réalité burkinabé, filmée sous l'empire d'un espoir fragile, porté par la parole de celui qui a su rendre leur dignité aux « hommes intègres » : « bientôt les astres reviendront revisiter la terre d'où ils se sont éloignés pendant nos temps obscurs ».
 

prod: La Baleine Noire
56'

 

SCREENINGS
24/04 18:30 Usine à Gaz
25/04 20:30 Capitole Fellini


 
As the Easter holidays pass by in gloominess, the idle wandering of Makenzy momentarily sees itself transformed by an afternoon with his sister. A suspended moment full of grace hence replaces the confinement of spaces and bodies, in a film whose staging is somewhat reminiscent of certain works by Bruno Dumont.

Tandis que les vacances de Pâques s'écoulent avec morosité dans le village, l'errance désoeuvrée de Makenzy se voit momentanément transfigurée par une après-midi avec sa soeur. A l'enfermement des espaces et des corps succède alors un moment suspendu et empli de grâce, dans un film dont la mise en scène n'est pas sans rappeler celle de certaines oeuvres de Bruno Dumont.
 

prod: A.P.A.C.H.
20'

 
SCREENINGS
23/04 18:00 Capitole Fellini
28/04 10:00 Usine à Gaz

 
“I wondered how, in a place where people are taking care of other people, the work itself could cause illness.” (JLM) In the surgical department of the St-Louis Hospital in Paris, the personnel are under stress and understaffed, while subject to budgetary restrictions. The public sector is also increasingly under pressure for efficiency and productivity. The operations are non-stop, every second is counted. The patients are dehumanised, their bodies reduced to a mass of flesh and organs to fix. However, the profession of surgeon, with its huge responsibilities, requires sharp concentration, which is not compatible with fatigue. The pressure feeds through to work colleagues who are fighting each other to save their jobs. Here like elsewhere, exhaustion looms... Over two years, Jérôme le Maire immersed himself in the daily life of a large Parisian hospital. The camera examines this feverish medical corps in cinéma direct, makes its diagnostic, and shows that burnout is not an individual problem, but a pathology of civilisation. Healing will take the form of communal reorganisation.

« Je me suis demandé comment, à l’endroit où des Hommes soignent d’autres Hommes, le travail lui-même puisse engendrer la maladie. » (J. le Maire) Au département chirurgical de l’hôpital St-Louis à Paris, le personnel est sous stress, en sous-effectif, et sujet à des restrictions budgétaires. Le secteur public aussi est de plus en plus soumis à la pression de l’efficacité et du rendement. Les opérations s’enchaînent, chaque seconde est comptée. Les patients sont déshumanisés, leur corps réduit à une masse de chair et d’organes à rafistoler. Pourtant, le métier à grandes responsabilités de chirurgien nécessite une concentration aiguë, qui ne fait pas vraiment bon ménage avec la fatigue. La pression se répercute sur les collègues de travail qui se battent les uns contre les autres pour sauver leur place. Ici comme ailleurs, l’épuisement guète... Pendant deux ans, Jérôme le Maire s’immerge dans le quotidien du département. La caméra ausculte ce corps médical fiévreux en cinéma direct, pose son diagnostic, et montre que le burnout n’est pas un problème individuel, mais une pathologie de civilisation. La guérison passera par la réorganisation commune.
 
prod: AT-PROD
83'

 
SCREENINGS
23/04 14:00 Théâtre de Marens
25/04 20:45 Théâtre de Grand-Champ

 


CONTACT
Elisa Tomsin
+32 499 41 71 26
 


Wallonie Bruxelles Images / Flagey 18 / 1050 Brussels / +32 2 223 23 04


a division of